Le pourquoi et le comment…

Ce blog est le reflet de mes recherches sur l’histoire locale, sur les relations entre la France et la Hongrie et sur les figures de la religion au Moyen-Âge. Cela constitue mes trois pôles d’intérêt.
Mes recherches sont nées de la conjonction d'un désir et de mon insatisfaction. D'une part le désir de comprendre le monde local, national ou international ; d'autre part l'insatisfaction de ne pas toujours trouver de réponses adéquates et solides, à mes interrogations, à ma curiosité dans certains écrits de mes devanciers abordant ces sujets et ces thèmes.
Parlons en premier lieu des passions et des curiosités, avant d'atteindre les sphères plus froides de la problématique et des définitions. Mon but est de permettre à tous ceux qui s'intéressent au passé de pouvoir l’appréhender, de retrouver les manières de sentir et de comprendre ceux qui, sans cet effort de sympathie, risquent de ne rester que des ombres s'agitant sur des vieux papiers d’archive.
Car, si l'amateur du temps qui passe ne saurait arriver à cette communion d'esprit avec les personnages ou groupes auxquels il s'intéresse, il peut retrouver à travers les sources cet outillage mental que constituent ces manières de voir, d'entendre, de penser, d'imaginer, d'agir, qui lui disent ce qui a fait la vie d'une société.
C'est à ce genre de quête que j'ai voulu et que je veux utiliser le temps de mes recherches, en me donnant comme but de retrouver comment était - ou non - vécue, comprise, gérée, appréhendée la vie dans les lieux et dans les temps que j’explore.
Pour saisir cette présence, cette vie, plusieurs voies sont possibles. Celles que je décide d'emprunter ne sont que des options prises au sein d'un champ de possibles largement ouvert, et ce travail ne s'achèvera pas sans que j'aie maintes fois mentionné d'autres questions, d'autres sources, d'autres chemins. Henri Toulouze

Le centenaire de la séparation d’Arcueil et de Cachan

La fin du XIXe siècle est marquée par un double mouvement dans la région parisienne : une urbanisation croissante accompagnant le développement industriel et une redéfinition pour différentes raisons des limites territoriales des communes de la banlieue. Ce mouvement de fin de siècle et du début du XXe siècle, faisait suite à l’annexion par Paris des territoires situés à l’intérieur de l’enceinte de Thiers quelques décennies plus tôt. Le mouvement des limites territoriales était soit la conséquence de la volonté de l’État de compenser les pertes territoriales de certaines communes (cas de Montrouge) soit de la volonté politique d’une partie des populations locales de trouver leur indépendance par la séparation (cas de Cachan et du Kremlin-Bicêtre).

Dans le cadre du centenaire de la séparation d’Arcueil et de Cachan, Les Ateliers du Val-de-Bièvre ont organisé un colloque le 8 octobre. Il s’est tenu le matin au Centre Marius Sidobre d’Arcueil et l’après-midi dans le patio de la mairie de Cachan.

Après la présentation de la famille Raspail laquelle a définitivement marqué l’histoire d’Arcueil et Cachan, ce colloque a essayé de montrer le contexte général des unions et désunions des communes puis le sort mouvant des communes de Montrouge, d’Arcueil, de Gentilly et du Kremlin-Bicêtre. Dans un deuxième temps, la séparation d’Arcueil et de Cachan a été éclairée par les démarches politiques contradictoires et les procédures administratives et enfin a mis en lumière les divers acteurs qui sont intervenus dans l’ensemble du processus de séparation.
Pour ma part, j’ai présenté les bouleversements de la Banlieue sud de Paris.

 Lire le dossier : Les bouleversements de la Banlieue sud de Paris.

Flyer du colloque du 8 octobre 2022

Claude Louis Berthollet

Le savant chimiste Claude Louis Berthollet (1748-1822), au retour de l’expédition d’Égypte,  acquiert en 1801, à Arcueil, une maison et s'y installe.

En 1807, avec Laplace dont la propriété est voisine, il fonde la Société d'Arcueil qui rassemblait les plus grands savants de l'époque.

Malgré ces occupations, malgré la douleur immense que lui a laissé le suicide de son fils Amédée ruiné, il trouve le moyen, après avoir été conseiller municipal de 1818 à 1820, d'être le maire de la ville du 10 mai 1820 jusqu’à son décès. Sa santé commençait à décliner et il mourut le 6 novembre 1822 d'un « ulcère charbonneux » à la jambe droite. 

Il fut inhumé au cimetière d'Arcueil, aujourd’hui cimetière de Cachan, laissant sa femme dans le plus grand dénuement puisqu'elle due être recueillie par son ancienne femme de chambre qui tenait l'auberge de la Bonne Foi à Montrouge, à la hauteur du 85 de l'Avenue d'Orléans. 

Aujourd'hui on peut voir son buste à l'entrée de l’ancienne mairie d'Arcueil, face à celui de Laplace. 

Après sa mort, la propriété est acquise par les dominicains, probablement entre 1830 et 1840, pour y installer l'école Albert-le-Grand. Vers 1900, elle ne reçoit que des pensionnaires et prépare aux grandes écoles. Des bâtiments scolaires sont construits en 1863. Sous la direction du prieur Henri Didon (1890-1900), ami du baron Pierre de Coubertin, l'école est à l'avant-garde pour l'éducation sportive et s'équipe de piscine, manège et terrains de sport. L'école ferme après la loi de juillet 1904 interdisant l'enseignement aux congrégations et le domaine est vendu à la Caisse des Dépôts et Consignation vers 1906. La maison de Claude Louis Berthollet, elle, est détruite vers 1911. 

Lire le dossier Claude Louis Berthollet

Marius SIDOBRE (1882-1964) ou le cheminement d’une municipalité ouvrière (1919-1964)

Marius Sidobre, né en 1882 à Toulouse, arrive à Arcueil en 1905 comme ouvrier
métallurgiste. Après la Première Guerre mondiale à laquelle il participa, il fonde la section locale de l’ARAC. Il est élu une première fois conseiller municipal en 1919 dans la municipalité conduite par Victor Roure et ce jusqu’en 1923.
Après le Congrès de Tours, la majorité de la section locale de la SFIO adhère à la IIIe Internationale.
Marius Sidobre, Victor Roure, Paul Poensin, les Bougard, Érik Satie et beaucoup d’autres sont dans cette majorité. Suite à la mort du maire Pierre Alexandre Templier, il redevient conseiller municipal en 1932,lors d’une élection partielle.
En 1935, la liste qu’il conduit est élu et Marius Sidobre revêt l’écharpe de maire. En 1939, il est déchu avec son conseil municipal par le gouvernement de Vichy et est interné en Algérie.
Il retrouve son poste de maire en 1945, et ce jusqu’à sa mort en 1964.
En tant que maire, il a géré la guerre d’Espagne, les débuts de la Seconde Guerre mondiale, la pauvreté et le manque de logements, la Guerre d’Algérie, la création de la Cinquième République, Il meurt, en cours de mandat, le 27 avril 1964. 

Lire le dossier : Marius Sidobre ou le cheminement d'une municipalité ouvrière

L’école centrale du PCF à Arcueil. 1937-1939

Une particularité peu connue de la vie politique arcueillaise de l’Entre-Deux-Guerres, ce fut l’implantation de 1937 au début de la guerre en 1939 de l’école centrale politique du Parti Communiste Français. Elle siégeait dans deux pavillons dans la rue du docteur Gosselin (actuelle rue du 8 mai 1945) face à la gare de triage d’Arcueil-Cachan.
Elle n’était pas liée directement à la vie politique locale mais elle montrait la confiance que le P.C.F. avait dans le maire Marius Sidobre et l’équipe dirigeante locale. La liaison entre le local et l’école était assurée par la secrétaire du maire, Maï Politzer.

Lire l'article : L’école centrale du PCF à Arcueil 

Les Hautes-Bornes : de la Villa Mélanie au Chaperon-Vert

Sur le territoire des Hautes-Bornes, où se trouve aujourd’hui le grand ensemble du Chaperon-Vert se situait auparavant le « bidonville » de la Villa Mélanie dans la première moitié du XXe siècle.
Dès le lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’équipe de Marius Sidobre sous l’impulsion d’Émile Bougard et en association avec la ville de Gentilly cherche à résorber ces ilots insalubres et à utiliser les terrains pour pallier le manque criant de logements sur les deux villes. Ces terrains feront l’objet de beaucoup de convoitises de la part de l’État, au grand dam des communes concernées : création d’un campus universitaire, agrandissement de la cité internationale des étudiants, création de l’autoroute A6. De grandes batailles sont engagées, perdante pour l’une, gagnantes pour les deux autres. 

Lire l'article : Les Hautes-Bornes : de la Villa Mélanie au Chaperon-Vert

Lire l'annexe : La création du centre scientifique 

L.a Commune de Paris, le massacre de la Grange Ory à Bagneux

La Grange Ory à Bagneux en 1873
Deux jours avant l’entrée des “Versaillais” dans Paris, l’épisode de la Grange Ory à Bagneux est l’un des épisodes les plus dramatiques de la Commune de Paris qui, de façon prémonitoire, annonce les massacres de la Semaine sanglante qui met fin à la Commune de Paris entre le 21 et le 28 mai 1871, au cours de laquelle des milliers de Parisiens furent exécutés. Ce massacre aurait pu être fatal au grand poète Paul Verlaine qui écrira un grand poème, cri de haine prémonitoire pour les massacreurs. 

Lire l'article : Le massacre de la Grange Ory

Arcueil et la Commune de Paris

Le 18 mars 1871, une émeute éclate à Paris, sur la butte Montmartre. Adolphe Thiers, chef du gouvernement provisoire de la République, fin tacticien ou machiavélique, ne la réprime pas et s'enfuit à Versailles avec tous les corps constitués. C'est le début de la « Commune de Paris ». Encerclés par les Allemands et en guerre avec les Versaillais, maîtres, sans l’avoir réellement voulu de la capitale, les communards qu’on appellera rapidement les fédérés vont essayer au mieux de gérer. Dans cette période insurrectionnelle, la Commune de Paris dura 72 jours, du 18 mars 1871 à la « Semaine sanglante » du 21 au 28 mai 1871. Ce sera pour Thiers et ses amis, l'occasion de se débarrasser de la « question sociale » pour des décennies.
Les habitants d’Arcueil, de Cachan et des environs seront impliqués volontairement souvent avec enthousiasme ou à leurs corps défendants avec crainte voire avec peur, obligeant certains à nouveau à l’exode. La Commune de Paris à Arcueil, à côté de quelques combats sera marquée essentiellement par « l’affaire dite des Dominicains ».

Lire le dossier : Arcueil et la Commune de Paris

Lire la première annexe

Lire la deuxième annexe

Les Irlandais : de la maison de campagne d’antan à la cité d’aujourd’hui


La cité des Irlandais doit son nom au collège catholique des Lombards devenu Irlandais qui s’installa à la fin du XVIIe siècle dans une belle demeure entourée d’un parc. En 1757, elle connut l’affaire dite de l’imprimerie clandestine d’Arcueil. La possession arcueillaise des Irlandais reste dans les mains de ces religieux catholiques jusqu’au début du XXe siècle. Entre les deux guerres, le pharmacien Chantereau acquiert le domaine pour y bâtir ses laboratoires qui deviendront par la suite Innothera. Au début des années 1960, il cède une partie de l’ancien domaine à la Ville qui fait construire, sur le site, la cité dite des Irlandais. L’activité de recherche sera fermée sur ce site qu’en 2004. Elle sera remplacée par la Maison du Grand-Cèdre, établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes.

Lire le dossier sur le domaine des Irlandais

150e anniversaire de la Guerre de 1870


À Cachan, tombeau de 230 soldats morts au combat en 1870
Entre juillet 1870 et juin 1871, l’année terrible comme le dit l’historien Pierre Milza, la France connut un de ses plus grands drames. Des soldats morts sur le champ de bataille, aux Communards assassinés par Thiers et à la population mitraillée, la France fut ravagée. 100 000 morts au moins dans chaque camp.

Arcueil et sa région ne furent pas épargnées. Des combats se déroulèrent sur son territoire et aux alentours : de Cachan au fort de Montrouge, en passant par Bagneux. Les Arcueillais virent passer à plusieurs reprises les deux armées belligérantes, ils durent se réfugier dans Paris et constater à leur retour le pillage de leurs maisons et de leurs biens.

D’abord, nous examinerons les causes de la guerre franco-prussienne avec la fameuse dépêche d’Ems, puis, nous survolerons le conflit qui se déroula presque exclusivement sur le sol français et connut deux périodes bien distinctes : La première, de défaite en défaite, se solda par la capture de l'empereur Napoléon III et conduisit au siège de Paris ; durant la seconde, des armées républicaines surgies des provinces tentèrent de libérer la capitale. Arcueil et les villes environnantes furent prises dans la tourmente guerrière. Nous examinerons ensuite la vie quotidienne des habitants d’Arcueil et des environs et nous détaillerons les phases de la guerre se déroulant sur notre territoire.

Lire le dossier du 150e anniversaire de la guerre de 1870

Annexe n° 1 La défense de Paris

Annexe n° 2 Le fort de Montrouge

Annexe n° 3 Le fort de Bicêtre

Annexe n° 4 Redoute du Moulin de Saquet

Annexe n° 5 Redoute des Hautes-Bruyères

Annexe n° 6 Combats de l'Hay

Annexe n° 7 Bataille de Champigny

Annexe n° 8 batailles de Châtillon

Annexe n° 9 L’affaire de Bagneux

Annexe n° 10 Poèmes et chansons de la guerre de 1870