Le pourquoi et le comment…

Ce blog est le reflet de mes recherches sur l’histoire locale, sur les relations entre la France et la Hongrie et sur les figures de la religion au Moyen-Âge. Cela constitue mes trois pôles d’intérêt.
Mes recherches sont nées de la conjonction d'un désir et de mon insatisfaction. D'une part le désir de comprendre le monde local, national ou international ; d'autre part l'insatisfaction de ne pas toujours trouver de réponses adéquates et solides, à mes interrogations, à ma curiosité dans certains écrits de mes devanciers abordant ces sujets et ces thèmes.
Parlons en premier lieu des passions et des curiosités, avant d'atteindre les sphères plus froides de la problématique et des définitions. Mon but est de permettre à tous ceux qui s'intéressent au passé de pouvoir l’appréhender, de retrouver les manières de sentir et de comprendre ceux qui, sans cet effort de sympathie, risquent de ne rester que des ombres s'agitant sur des vieux papiers d’archive.
Car, si l'amateur du temps qui passe ne saurait arriver à cette communion d'esprit avec les personnages ou groupes auxquels il s'intéresse, il peut retrouver à travers les sources cet outillage mental que constituent ces manières de voir, d'entendre, de penser, d'imaginer, d'agir, qui lui disent ce qui a fait la vie d'une société.
C'est à ce genre de quête que j'ai voulu et que je veux utiliser le temps de mes recherches, en me donnant comme but de retrouver comment était - ou non - vécue, comprise, gérée, appréhendée la vie dans les lieux et dans les temps que j’explore.
Pour saisir cette présence, cette vie, plusieurs voies sont possibles. Celles que je décide d'emprunter ne sont que des options prises au sein d'un champ de possibles largement ouvert, et ce travail ne s'achèvera pas sans que j'aie maintes fois mentionné d'autres questions, d'autres sources, d'autres chemins. Henri Toulouze

Le jeudi 28 janvier à 18h30 : Les Irlandais de la maison de campagne d’antan à la cité d’aujourd’hui


La cité des Irlandais doit son nom au collège catholique des Lombards devenu Irlandais qui s’installa à la fin du XVIIe siècle dans une belle demeure entourée d’un parc. En 1757, elle connut l’affaire dite de l’imprimerie clandestine d’Arcueil. La possession arcueillaise des Irlandais reste dans les mains de ces religieux catholiques jusqu’au début du XXe siècle. Entre les deux guerres, le pharmacien Chantereau acquiert le domaine pour y bâtir ses laboratoires qui deviendront par la suite Innothera. Au début des années 1960, il cède une partie de l’ancien domaine à la Ville qui fait construire, sur le site, la cité dite des Irlandais. L’activité de recherche sera fermée sur ce site qu’en 2004. Elle sera remplacée par la Maison du Grand-Cèdre, établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes.

Cette conférence se tiendra à la médiathèque d'Arcueil 1 rue Louis Frébault.

150e anniversaire de la Guerre de 1870


À Cachan, tombeau de 230 soldats morts au combat en 1870
Entre juillet 1870 et juin 1871, l’année terrible comme le dit l’historien Pierre Milza, la France connut un de ses plus grands drames. Des soldats morts sur le champ de bataille, aux Communards assassinés par Thiers et à la population mitraillée, la France fut ravagée. 100 000 morts au moins dans chaque camp.

Arcueil et sa région ne furent pas épargnées. Des combats se déroulèrent sur son territoire et aux alentours : de Cachan au fort de Montrouge, en passant par Bagneux. Les Arcueillais virent passer à plusieurs reprises les deux armées belligérantes, ils durent se réfugier dans Paris et constater à leur retour le pillage de leurs maisons et de leurs biens.

D’abord, nous examinerons les causes de la guerre franco-prussienne avec la fameuse dépêche d’Ems, puis, nous survolerons le conflit qui se déroula presque exclusivement sur le sol français et connut deux périodes bien distinctes : La première, de défaite en défaite, se solda par la capture de l'empereur Napoléon III et conduisit au siège de Paris ; durant la seconde, des armées républicaines surgies des provinces tentèrent de libérer la capitale. Arcueil et les villes environnantes furent prises dans la tourmente guerrière. Nous examinerons ensuite la vie quotidienne des habitants d’Arcueil et des environs et nous détaillerons les phases de la guerre se déroulant sur notre territoire.

Lire le dossier du 150e anniversaire de la guerre de 1870

Annexe n° 1 La défense de Paris

Annexe n° 2 Le fort de Montrouge

Annexe n° 3 Le fort de Bicêtre

Annexe n° 4 Redoute du Moulin de Saquet

Annexe n° 5 Redoute des Hautes-Bruyères

Annexe n° 6 Combats de l'Hay

Annexe n° 7 Bataille de Champigny

Annexe n° 8 batailles de Châtillon

Annexe n° 9 L’affaire de Bagneux

Annexe n° 10 Poèmes et chansons de la guerre de 1870

Eustache Deschamps et Cachan

Le poète diplomate Eustache Deschamps est né vers 1340 à Vertus en Champagne et est mort entre 1404 et 1410. Pourquoi, depuis 1989, son nom a-t ’il été attribué à une place de Cachan avec une stèle dédiée ?

Si les motivations de la décision du Conseil municipal de Cachan d’honorer un poète médiéval ayant célébré Cachan dans une poésie semblent simples en apparence, la relation de cet homme du Moyen-Âge avec le hameau de Cachan l’est moins. Car nous n’avons aucun document prouvant qu’Eugène Deschamps soit venu à Cachan. Dans une ballade, Eustache Deschamps cite à plusieurs reprises le château de Cachan, aujourd’hui disparu. Il donne force détails descriptifs et élogieux sur celui-ci. Quel est donc ce château mis à l’honneur de façon si brillante ? Les archives en parlent à partir du VIIIe siècle. Il a son heure de gloire au XIVe siècle. Puis peu à peu, il tombe dans les limbes de l’oubli. Il est donc certain qu’il ait existé un domaine royal à Cachan, puisqu’on en relève la trace durant près de six siècles ; mais nous n’avons aucun renseignement certain ni sur son emplacement, ni sur les caractéristiques du bâtiment ; nous savons seulement qu’il s’élevait sur les bords de la Bièvre.
Ce poète médiéval, inconnu du grand public de nos jours, dont on ne suppose la biographie qu’à travers son œuvre, heureusement immense. Il nous a donné sur lui-même, sur ses occupations variées et sur ses voyages, de nombreux renseignements, épars dans ses écrits. Eustache Deschamps écrit beaucoup, ses vers emplissent un des plus gros manuscrits de la Bibliothèque nationale, qui n'a pas moins de six cents feuillets.
J’ai découvert ce poète diplomate il y a une quarantaine d’années et je garde une tendresse particulière pour ce fin observateur du monde médiéval, dont nous pouvons dire que la poésie satirique mais aussi son apport sur les ballades ouvrira la voie, ou tout du moins annoncera la venue d’un poète plus connu des Français, François Villon, quelques cinquante ans plus tard.
Dans un premier temps, nous partirons sur les traces du château de Cachan en essayant de le replacer dans son contexte spatio-temporel. Puis nous tenterons de cerner le personnage Eustache Deschamps et son œuvre. Enfin nous verrons comment sa poésie peut être un document précieux pour l’historien en regardant sa relation avec l’Europe centrale.

Lire le dossier Eustache Deschamps et Cachan

Droite et gauche, notion dépassée ?

Depuis la Révolution française, le clivage droite/gauche structure en profondeur la vie politique française. Deux tiers des Français pensent qu’il n’a plus de sens. Pour eux, tant la gauche que la droite conduisent des politiques semblables. La victoire de Macron à la Présidentielle avec son ni gauche, ni droite et sa majorité venant tant de la gauche que de la droite sont venues renforcer ce sentiment. C’est devenu un lieu commun que d’affirmer que « parler de la gauche et de la droite, cela n’a plus guère de sens aujourd’hui ».
Comment en est-on arrivé là ?
Ces deux termes restent pourtant utilisés dans le débat public. Les Français se situent eux-mêmes volontiers à droite ou à gauche. Dans leur majorité, ils restent cohérents avec l’histoire longue de cette opposition : par exemple, quand ils s’autopositionnent eux-mêmes à gauche, ils se montrent moins favorables à des mesures prônant la libéralisation du marché du travail que lorsqu’ils se disent de droite ; ou quand ils se situent à droite, ils sont plus enclins à des mesures sécuritaires que lorsqu’ils se déclarent de gauche. La montée en puissance électorale du FN devenu RN et sa prétention à incarner le peuple français au-delà de tout clivage droite/gauche apparaissent de ce point de vue comme un épiphénomène tant ce parti s’enracine dans l’histoire des droites françaises et tant son électorat demeure sensible à des préoccupations traditionnellement associées à la droite (sécurité, immigration, fiscalité).
L’opposition droite/gauche joue donc encore dans les usages quotidiens du terme ou dans la structuration générale de l’opinion publique. Mais sa pertinence ne va plus de soi, pour deux raisons principales :
D’une part, parce que les soubassements organisationnels et sociétaux qui structuraient la gauche et la droite ne vont plus de soi ;
D’autre part, parce que les leaders de droite et de gauche semblent incapables de nourrir intellectuellement leur discours et affronter les ruptures du monde contemporain.
Ces phénomènes ne sont d’ailleurs pas sans lien les uns avec les autres.

Dans notre étude en trois parties :
J’aborderai en premier les grands thèmes de société pour voir comment la droite et la gauche les ont appréhendés, de façon parfois contradictoire, au cours des décennies.
Dans une deuxième partie, nous pourrons observer l’évolution de la gauche dans ses différentes composantes.
Dans la dernière partie, nous envisagerons l’évolution de la droite.
Enfin en conclusion, nous verrons si ce clivage gauche/droite a été remisé dans les archives de l’histoire ou s’il veut encore exprimer quelque chose de vivant.

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Naissance des écrits du Moyen-Âge en français

St Matthieu recopie un ouvrage tenu par un ange
(Bible éditée par Martin Lempereur en 1530)
L’objet de cette étude est de cerner la naissance et l’évolution des textes français du Moyen-Âge. Pour ce faire, il est indispensable de définir tout d’abord différents éléments de l’équation. Dans un premier point, nous allons essayer de cerner le contexte spatio-temporel dans lequel des textes « français » vont naître et évoluer. Dans un deuxième point, nous essayerons de définir la notion même de textes français tant dans la diversité des langues dans laquelle ils sont exprimés et de l’évolution de l’écriture des manuscrits qui les contiennent que dans la diversité des formes littéraires utilisés par les différents auteurs.
Cette littérature se compose autant d'œuvres religieuses que séculières,
et constitue un champ d'étude riche et complexe. Elle révèle l'existence de nombreuses formes qui contiennent en germe tous les genres littéraires modernes. La littérature du Moyen Âge est d'abord celle de l'élite féodale et reflète ses idéaux : piété, fidélité et bravoure. Le système féodal structure alors la société et se reflète dans la littérature : les scènes de guerres y sont nombreuses, la foi chrétienne omniprésente. Néanmoins, à partir de la fin du XIIe siècle, les bourgeois obtiennent, grâce à l'essor de la manufacture, des privilèges économiques et juridiques qui concurrencent les pouvoirs seigneuriaux. On voit apparaître alors de nouvelles formes, plus satiriques comme dans le Roman de Renart, ou plus lyriques comme dans la poésie des XIVe et XVe siècles, héritière de la poésie courtoise. La plupart des auteurs de cette époque nous sont inconnus ; cet anonymat n'est pas simplement causé par le manque de documents disponibles pour la période, mais aussi par une conception du rôle de l'auteur qui diffère totalement de la conception romantique actuelle. Les auteurs médiévaux se réfèrent très souvent aux antiques et aux Pères de l'Église, et tendent plus à remettre en forme ou à embellir les histoires déjà lues ou entendues qu'à en inventer de nouvelles. Même lorsqu'ils le font, ils attribuent fréquemment leur œuvre à un tiers illustre ou imaginaire. On ignore ainsi les noms des auteurs de nombreuses œuvres importantes, notamment pour le Haut Moyen-Âge. Le nom des auteurs commence à intéresser le public seulement à partir du XIIe siècle. Dans leur majorité, les textes conservés sont éloignés de la version originale de l'œuvre, parce qu'ils représentent soit la transcription des textes déclamés ou chantés, soit la copie des textes déjà transcrits. Au cours de la diffusion orale d'une œuvre, la « fidélité » à l'auteur, le plus souvent anonyme, reste très aléatoire. D'autre part, les copistes des monastères se permettent des modifications où bon leur semble. Une fois créés, les textes restent donc ouverts : chaque nouveau conteur ou copiste devient coauteur en les modifiant selon ses propres goûts ou les goûts du jour.

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L’histoire de la peste des origines à nos jours

Docteur Schnabel
La peste est une maladie commune à l'homme et à l'animal. Elle est causée par le bacille Yersinia pestis, découvert par Alexandre Yersin de l'Institut Pasteur en 1894.
On peut la déceler dès l’âge du bronze. En raison des ravages qu'elle a causés, dès l’antiquité mais surtout au Moyen-Âge, la peste a eu de nombreux impacts sur l'économie, la religion et les arts. Ainsi la peste noire de 1347-1352 a profondément marqué l'Europe en éliminant 25 % à 50 % de ses habitants ; dans le royaume de France la population a chuté de 38 %, soit 7 millions de victimes sur les 17 millions de Français de l'époque. Elle est présente dans plusieurs régions du globe, notamment en Europe et en Asie au XVIIIe siècle et au XIXe siècle. Elle subsiste, de nos jours, à l’état endémique dans certaines régions d’Afrique ou d’Asie. Cependant plusieurs épidémies de maladies inconnues à forte mortalité ont pu être qualifiées, à tort, de peste par les chroniqueurs de l'époque.


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Les représentations de la peste dans les arts et la littérature


La peste à Bâle en 1349
De la première pandémie de peste, dite la peste de Justinien entre le VIe siècle et le VIIIe siècle jusqu’à la peste de Chine à la fin du XIXe siècle en passant par la peste noire au Moyen-Âge et beaucoup d’autres, la peste va marquer les esprits, faire des millions de morts à travers le monde entier. Elle va avoir des conséquences sociales, démographiques, économiques mais elle va aussi influencer les artistes et les écrivains qui vont réagir à ce fléau. Au XIVe siècle, au moment de la Grande Peste, la population pensait que c'était la fin du monde alors certains artistes ont commencé à représenter des cadavres, des processions de squelettes ou encore des symboles de la mort. Les Hommes étaient ainsi confrontés à l'atteinte radicale comme la maladie, le mal ou la mort. La peste est un mal qui répand la terreur dans les populations, sans tenir compte du rang social. Elle est l'un des plus grands maux de l'humanité, elle est une grande source d'inspiration artistique, on assiste d'ailleurs à l'apparition de danses macabres et plus généralement le monde des morts et des vivants vont s’entrecroiser, se mêler. Les écrivains, soit directement comme Daniel Defoe ou de façon métaphorique comme Albert Camus et beaucoup d’autres, vont s’emparer du thème.
Vous trouverez ici un échantillon choisi de la production picturale et littéraire qui ont pris comme thème la peste.

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Le château Laplace

En pénétrant la rue Eugène Fournière, le long du RER, nous entrons virtuellement dans le domaine du château Laplace. Celui-ci est construit au milieu du XVIIIe siècle et acquis en 1806 par Pierre-Simon Laplace, ami de Berthollet. Le domaine est cédé en 1892 au collège Albert-le-Grand.
Il est détruit en 1908 et loti en 1909. Nous y croiserons de nombreux personnages : Ronsard, le père Didon, le politicien du Directoire Reubell, Laplace, des acteurs de la Commune de Paris.


Lire le dossier : le domaine du château Laplace

Histoire d'Arcueil et des alentours : de quartier en quartier.

La Croix d'Arcueil : un carrefour de l’histoire d’Arcueil


La Croix d'Arcueil au début du XXe siécle
Alors que le carrefour de la Vache noire, une des portes d’entrée principales de notre ville aujourd’hui, n'existait pas encore, au Moyen-Âge, la Croix d'Arcueil existait non seulement comme un carrefour mais c'était aussi un hameau important et la voie d'entrée vers le village d'Arcueil.
Ce dossier traite de l'évolution de cet espace au cours des temps du Moyen-Âge avec la léproserie de la Banlieue à aujourd'hui avec le centre EDF et le Forum 20 en passant par le cabaret de Saint-Louis au XVIIIe siècle et l'Arpajonnais (train sur route) aux XIXe et XXe siècles ;
J'y développe en particulier deux aspects :
1.    L'histoire de la léproserie de la Banlieue, l'une des plus importantes de France, qui devait se trouver au niveau de ce carrefour ;
2.    La Grande Brasserie d'Arcueil, une des grandes brasseries françaises au tournant des XIXe et XXe siècles qui était située dans le carrefour.