Le pourquoi et le comment…

Ce blog est le reflet de mes recherches sur l’histoire locale, sur les relations entre la France et la Hongrie et sur les figures de la religion au Moyen-Âge. Cela constitue mes trois pôles d’intérêt.
Mes recherches sont nées de la conjonction d'un désir et de mon insatisfaction. D'une part le désir de comprendre le monde local, national ou international ; d'autre part l'insatisfaction de ne pas toujours trouver de réponses adéquates et solides, à mes interrogations, à ma curiosité dans certains écrits de mes devanciers abordant ces sujets et ces thèmes.
Parlons en premier lieu des passions et des curiosités, avant d'atteindre les sphères plus froides de la problématique et des définitions. Mon but est de permettre à tous ceux qui s'intéressent au passé de pouvoir l’appréhender, de retrouver les manières de sentir et de comprendre ceux qui, sans cet effort de sympathie, risquent de ne rester que des ombres s'agitant sur des vieux papiers d’archive.
Car, si l'amateur du temps qui passe ne saurait arriver à cette communion d'esprit avec les personnages ou groupes auxquels il s'intéresse, il peut retrouver à travers les sources cet outillage mental que constituent ces manières de voir, d'entendre, de penser, d'imaginer, d'agir, qui lui disent ce qui a fait la vie d'une société.
C'est à ce genre de quête que j'ai voulu et que je veux utiliser le temps de mes recherches, en me donnant comme but de retrouver comment était - ou non - vécue, comprise, gérée, appréhendée la vie dans les lieux et dans les temps que j’explore.
Pour saisir cette présence, cette vie, plusieurs voies sont possibles. Celles que je décide d'emprunter ne sont que des options prises au sein d'un champ de possibles largement ouvert, et ce travail ne s'achèvera pas sans que j'aie maintes fois mentionné d'autres questions, d'autres sources, d'autres chemins. Henri Toulouze

Marius SIDOBRE (1882-1964) ou le cheminement d’une municipalité ouvrière (1919-1964)

Marius Sidobre, né en 1882 à Toulouse, arrive à Arcueil en 1905 comme ouvrier
métallurgiste. Après la Première Guerre mondiale à laquelle il participa, il fonde la section locale de l’ARAC. Il est élu une première fois conseiller municipal en 1919 dans la municipalité conduite par Victor Roure et ce jusqu’en 1923.
Après le Congrès de Tours, la majorité de la section locale de la SFIO adhère à la IIIe Internationale.
Marius Sidobre, Victor Roure, Paul Poensin, les Bougard, Érik Satie et beaucoup d’autres sont dans cette majorité. Suite à la mort du maire Pierre Alexandre Templier, il redevient conseiller municipal en 1932,lors d’une élection partielle.
En 1935, la liste qu’il conduit est élu et Marius Sidobre revêt l’écharpe de maire. En 1939, il est déchu avec son conseil municipal par le gouvernement de Vichy et est interné en Algérie.
Il retrouve son poste de maire en 1945, et ce jusqu’à sa mort en 1964.
En tant que maire, il a géré la guerre d’Espagne, les débuts de la Seconde Guerre mondiale, la pauvreté et le manque de logements, la Guerre d’Algérie, la création de la Cinquième République, Il meurt, en cours de mandat, le 27 avril 1964. 

Lire le dossier : Marius Sidobre ou le cheminement d'une municipalité ouvrière

L’école centrale du PCF à Arcueil. 1937-1939

Une particularité peu connue de la vie politique arcueillaise de l’Entre-Deux-Guerres, ce fut l’implantation de 1937 au début de la guerre en 1939 de l’école centrale politique du Parti Communiste Français. Elle siégeait dans deux pavillons dans la rue du docteur Gosselin (actuelle rue du 8 mai 1945) face à la gare de triage d’Arcueil-Cachan.
Elle n’était pas liée directement à la vie politique locale mais elle montrait la confiance que le P.C.F. avait dans le maire Marius Sidobre et l’équipe dirigeante locale. La liaison entre le local et l’école était assurée par la secrétaire du maire, Maï Politzer.

Lire l'article : L’école centrale du PCF à Arcueil 

Les Hautes-Bornes : de la Villa Mélanie au Chaperon-Vert

Sur le territoire des Hautes-Bornes, où se trouve aujourd’hui le grand ensemble du Chaperon-Vert se situait auparavant le « bidonville » de la Villa Mélanie dans la première moitié du XXe siècle.
Dès le lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’équipe de Marius Sidobre sous l’impulsion d’Émile Bougard et en association avec la ville de Gentilly cherche à résorber ces ilots insalubres et à utiliser les terrains pour pallier le manque criant de logements sur les deux villes. Ces terrains feront l’objet de beaucoup de convoitises de la part de l’État, au grand dam des communes concernées : création d’un campus universitaire, agrandissement de la cité internationale des étudiants, création de l’autoroute A6. De grandes batailles sont engagées, perdante pour l’une, gagnantes pour les deux autres. 

Lire l'article : Les Hautes-Bornes : de la Villa Mélanie au Chaperon-Vert

Lire l'annexe : La création du centre scientifique 

L.a Commune de Paris, le massacre de la Grange Ory à Bagneux

La Grange Ory à Bagneux en 1873
Deux jours avant l’entrée des “Versaillais” dans Paris, l’épisode de la Grange Ory à Bagneux est l’un des épisodes les plus dramatiques de la Commune de Paris qui, de façon prémonitoire, annonce les massacres de la Semaine sanglante qui met fin à la Commune de Paris entre le 21 et le 28 mai 1871, au cours de laquelle des milliers de Parisiens furent exécutés. Ce massacre aurait pu être fatal au grand poète Paul Verlaine qui écrira un grand poème, cri de haine prémonitoire pour les massacreurs. 

Lire l'article : Le massacre de la Grange Ory

Arcueil et la Commune de Paris

Le 18 mars 1871, une émeute éclate à Paris, sur la butte Montmartre. Adolphe Thiers, chef du gouvernement provisoire de la République, fin tacticien ou machiavélique, ne la réprime pas et s'enfuit à Versailles avec tous les corps constitués. C'est le début de la « Commune de Paris ». Encerclés par les Allemands et en guerre avec les Versaillais, maîtres, sans l’avoir réellement voulu de la capitale, les communards qu’on appellera rapidement les fédérés vont essayer au mieux de gérer. Dans cette période insurrectionnelle, la Commune de Paris dura 72 jours, du 18 mars 1871 à la « Semaine sanglante » du 21 au 28 mai 1871. Ce sera pour Thiers et ses amis, l'occasion de se débarrasser de la « question sociale » pour des décennies.
Les habitants d’Arcueil, de Cachan et des environs seront impliqués volontairement souvent avec enthousiasme ou à leurs corps défendants avec crainte voire avec peur, obligeant certains à nouveau à l’exode. La Commune de Paris à Arcueil, à côté de quelques combats sera marquée essentiellement par « l’affaire dite des Dominicains ».

Lire le dossier : Arcueil et la Commune de Paris

Lire la première annexe

Lire la deuxième annexe

Les Irlandais : de la maison de campagne d’antan à la cité d’aujourd’hui


La cité des Irlandais doit son nom au collège catholique des Lombards devenu Irlandais qui s’installa à la fin du XVIIe siècle dans une belle demeure entourée d’un parc. En 1757, elle connut l’affaire dite de l’imprimerie clandestine d’Arcueil. La possession arcueillaise des Irlandais reste dans les mains de ces religieux catholiques jusqu’au début du XXe siècle. Entre les deux guerres, le pharmacien Chantereau acquiert le domaine pour y bâtir ses laboratoires qui deviendront par la suite Innothera. Au début des années 1960, il cède une partie de l’ancien domaine à la Ville qui fait construire, sur le site, la cité dite des Irlandais. L’activité de recherche sera fermée sur ce site qu’en 2004. Elle sera remplacée par la Maison du Grand-Cèdre, établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes.

Lire le dossier sur le domaine des Irlandais

150e anniversaire de la Guerre de 1870


À Cachan, tombeau de 230 soldats morts au combat en 1870
Entre juillet 1870 et juin 1871, l’année terrible comme le dit l’historien Pierre Milza, la France connut un de ses plus grands drames. Des soldats morts sur le champ de bataille, aux Communards assassinés par Thiers et à la population mitraillée, la France fut ravagée. 100 000 morts au moins dans chaque camp.

Arcueil et sa région ne furent pas épargnées. Des combats se déroulèrent sur son territoire et aux alentours : de Cachan au fort de Montrouge, en passant par Bagneux. Les Arcueillais virent passer à plusieurs reprises les deux armées belligérantes, ils durent se réfugier dans Paris et constater à leur retour le pillage de leurs maisons et de leurs biens.

D’abord, nous examinerons les causes de la guerre franco-prussienne avec la fameuse dépêche d’Ems, puis, nous survolerons le conflit qui se déroula presque exclusivement sur le sol français et connut deux périodes bien distinctes : La première, de défaite en défaite, se solda par la capture de l'empereur Napoléon III et conduisit au siège de Paris ; durant la seconde, des armées républicaines surgies des provinces tentèrent de libérer la capitale. Arcueil et les villes environnantes furent prises dans la tourmente guerrière. Nous examinerons ensuite la vie quotidienne des habitants d’Arcueil et des environs et nous détaillerons les phases de la guerre se déroulant sur notre territoire.

Lire le dossier du 150e anniversaire de la guerre de 1870

Annexe n° 1 La défense de Paris

Annexe n° 2 Le fort de Montrouge

Annexe n° 3 Le fort de Bicêtre

Annexe n° 4 Redoute du Moulin de Saquet

Annexe n° 5 Redoute des Hautes-Bruyères

Annexe n° 6 Combats de l'Hay

Annexe n° 7 Bataille de Champigny

Annexe n° 8 batailles de Châtillon

Annexe n° 9 L’affaire de Bagneux

Annexe n° 10 Poèmes et chansons de la guerre de 1870

Eustache Deschamps et Cachan

Le poète diplomate Eustache Deschamps est né vers 1340 à Vertus en Champagne et est mort entre 1404 et 1410. Pourquoi, depuis 1989, son nom a-t ’il été attribué à une place de Cachan avec une stèle dédiée ?

Si les motivations de la décision du Conseil municipal de Cachan d’honorer un poète médiéval ayant célébré Cachan dans une poésie semblent simples en apparence, la relation de cet homme du Moyen-Âge avec le hameau de Cachan l’est moins. Car nous n’avons aucun document prouvant qu’Eugène Deschamps soit venu à Cachan. Dans une ballade, Eustache Deschamps cite à plusieurs reprises le château de Cachan, aujourd’hui disparu. Il donne force détails descriptifs et élogieux sur celui-ci. Quel est donc ce château mis à l’honneur de façon si brillante ? Les archives en parlent à partir du VIIIe siècle. Il a son heure de gloire au XIVe siècle. Puis peu à peu, il tombe dans les limbes de l’oubli. Il est donc certain qu’il ait existé un domaine royal à Cachan, puisqu’on en relève la trace durant près de six siècles ; mais nous n’avons aucun renseignement certain ni sur son emplacement, ni sur les caractéristiques du bâtiment ; nous savons seulement qu’il s’élevait sur les bords de la Bièvre.
Ce poète médiéval, inconnu du grand public de nos jours, dont on ne suppose la biographie qu’à travers son œuvre, heureusement immense. Il nous a donné sur lui-même, sur ses occupations variées et sur ses voyages, de nombreux renseignements, épars dans ses écrits. Eustache Deschamps écrit beaucoup, ses vers emplissent un des plus gros manuscrits de la Bibliothèque nationale, qui n'a pas moins de six cents feuillets.
J’ai découvert ce poète diplomate il y a une quarantaine d’années et je garde une tendresse particulière pour ce fin observateur du monde médiéval, dont nous pouvons dire que la poésie satirique mais aussi son apport sur les ballades ouvrira la voie, ou tout du moins annoncera la venue d’un poète plus connu des Français, François Villon, quelques cinquante ans plus tard.
Dans un premier temps, nous partirons sur les traces du château de Cachan en essayant de le replacer dans son contexte spatio-temporel. Puis nous tenterons de cerner le personnage Eustache Deschamps et son œuvre. Enfin nous verrons comment sa poésie peut être un document précieux pour l’historien en regardant sa relation avec l’Europe centrale.

Lire le dossier Eustache Deschamps et Cachan

Droite et gauche, notion dépassée ?

Depuis la Révolution française, le clivage droite/gauche structure en profondeur la vie politique française. Deux tiers des Français pensent qu’il n’a plus de sens. Pour eux, tant la gauche que la droite conduisent des politiques semblables. La victoire de Macron à la Présidentielle avec son ni gauche, ni droite et sa majorité venant tant de la gauche que de la droite sont venues renforcer ce sentiment. C’est devenu un lieu commun que d’affirmer que « parler de la gauche et de la droite, cela n’a plus guère de sens aujourd’hui ».
Comment en est-on arrivé là ?
Ces deux termes restent pourtant utilisés dans le débat public. Les Français se situent eux-mêmes volontiers à droite ou à gauche. Dans leur majorité, ils restent cohérents avec l’histoire longue de cette opposition : par exemple, quand ils s’autopositionnent eux-mêmes à gauche, ils se montrent moins favorables à des mesures prônant la libéralisation du marché du travail que lorsqu’ils se disent de droite ; ou quand ils se situent à droite, ils sont plus enclins à des mesures sécuritaires que lorsqu’ils se déclarent de gauche. La montée en puissance électorale du FN devenu RN et sa prétention à incarner le peuple français au-delà de tout clivage droite/gauche apparaissent de ce point de vue comme un épiphénomène tant ce parti s’enracine dans l’histoire des droites françaises et tant son électorat demeure sensible à des préoccupations traditionnellement associées à la droite (sécurité, immigration, fiscalité).
L’opposition droite/gauche joue donc encore dans les usages quotidiens du terme ou dans la structuration générale de l’opinion publique. Mais sa pertinence ne va plus de soi, pour deux raisons principales :
D’une part, parce que les soubassements organisationnels et sociétaux qui structuraient la gauche et la droite ne vont plus de soi ;
D’autre part, parce que les leaders de droite et de gauche semblent incapables de nourrir intellectuellement leur discours et affronter les ruptures du monde contemporain.
Ces phénomènes ne sont d’ailleurs pas sans lien les uns avec les autres.

Dans notre étude en trois parties :
J’aborderai en premier les grands thèmes de société pour voir comment la droite et la gauche les ont appréhendés, de façon parfois contradictoire, au cours des décennies.
Dans une deuxième partie, nous pourrons observer l’évolution de la gauche dans ses différentes composantes.
Dans la dernière partie, nous envisagerons l’évolution de la droite.
Enfin en conclusion, nous verrons si ce clivage gauche/droite a été remisé dans les archives de l’histoire ou s’il veut encore exprimer quelque chose de vivant.

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